On se demandait pourquoi le ministre des finances David Clarinval restait très discret sur la question depuis sa tonitruante conférence juin dernier au cours de laquelle, hilare, il révéla aux Belges confinés toute l’horreur du déficit budgétaire estimé pour 2020 : 50 milliards d’euros, qu’il nous restera à emprunter sur les marchés financiers. Nous voilà avec un ratio dette publique/PIB au-delà de 120% qui sont autant de dettes pour les générations à venir.

Si le Bureau du Plan a en effet revu à la baisse le déficit de croissance (-7,4% au lieu de -10,6%), il n’en va pas de même quand au déficit budgétaire qui prend une envolée stratosphérique – ou plutôt un descente aux enfers abyssale – puisqu’on table aujourd’hui sur au moins 52,8 milliards d’euros selon le ministère des finances. Mais, en coulisses, personne n’est dupe puisque les marchés et opérateurs tablent plutôt sur un déficit de l’ordre de 60 milliards d’euros à la fin de l’année.  

Avec le gouvernement Vivaldi qui se profile à l’horizon, fort de son analphabétisme économique et avide de séduire son électorat toujours plus à gauche, il y a tout lieu de penser que les réponses gouvernementales à la crise économique seront d’ordre keynésien avec toujours plus de dépenses publiques, toujours plus d’impôts et de taxes (alors que dans son acception originelle, Keynes recommandait de baisser la fiscalité tout en laisser courir le déficit) et toujours plus de lois et réglementations asphyxiantes.

Avec le déni du vote flamand en faveur des partis de droite tels que la NVA et le Vlaams Belang, cette coalition contre nature est vouée à heurter rapidement le mur de la réalité : nous sommes à sec. Le socialisme s’arrête toujours une fois que l’argent d’autrui vient à manquer, nous enseignait Maggie Thatcher. La gauche n’apprendra donc jamais.

Jules Alove