Menace sur la démocratie américaine ?

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Urne électorale
Photo de Element5 Digital provenant de Pexels

Il est frappant de voir combien certains de mes amis de droite parfaitement éveillés quand il s’agit de politique européenne entrent dans une sorte de torpeur que je résisterai à la tentation de qualifier de stupide quand il s’agit de politique américaine.

Il y a deux jours, mon téléphone se met à pépier de dizaines de messages sur le thème: Trump veut/va reporter les élections, “pas crédible”, “incroyable!”.

Les faits : Trump a écrit, traduction maison: “Avec le vote universel par correspondance (et non le vote par correspondance de ceux qui sont absents, qui est légitime), 2020 sera l’élection la plus INEXACTE et FRAUDULEUSE de l’histoire. Ce sera un grand embarras pour les États-Unis. Retarder les élections jusqu’à ce que les gens puissent voter correctement, en toute sûreté et en toute sécurité ???”

Le contexte : aux USA, il n’y a pas de carte d’identité et les registres électoraux sont par conséquent très approximatifs. La massification du vote par correspondance, consistant à envoyer des dizaines de millions de bulletins de vote par la poste à des millions de gens qui ont déménagé, sont morts ou absents, implique notionnellement des fraudes massives, aussi vrai qu’il suffit d’aller piocher le bulletin de 10, 20, 100 ou 1000 “voisins” inexistants ou peu regardants pour voter à leur place (sans parler de la possibilité d’agir à la source, ie avant l’envoi).

Les Démocrates se sont fait une spécialité de ce qu’on appelle le “ballot-harvesting”, comprenant également le “conseil” de vote généreusement dispensé aux plus fragiles.

Cela sans compter la possibilité — possibilité — pour un intervenant étranger d’imprimer des millions de bulletins sur la foi des données domiciliaires publiques des Américains, périmées ou non, et largement disponibles sur le Web sous de multiples formats.

Dans ce contexte, la massification du vote par correspondance détruirait la crédibilité du suffrage et rendrait le résultat de l’élection dénué de signification.

Le président américain a formulé son message sur un mode interrogatif qui lui est familier quand il s’agit de tester les eaux ; y voir une certitude ou même un projet concret est une erreur d’analyse.

Quand le président français a reporté une élection pour des motifs sanitaires, je n’ai pas vu que la “presse” mondiale se constellait de messages haineux comme c’est le cas ici.

La haine ne me pose aucune difficulté, elle est un sentiment naturel et comme un réflexe premier pour les esprits faibles. Plus navrante, à mon humble estime, la volonté de juger ce que l’on refuse de connaître (Descartes) ou, comme l’exprime le bel adage juridique médiéval : “Quand ton information manque en fait, abstiens-toi de juger.”

Drieu Godefridi, PhD