J’ai eu droit à une petite surprise au boulot il y a quelques semaines. Non, rassurez-vous, je n’ai pas attrapé le Covid. En plus, je suis en télétravail. Je vous explique.

Suite au meurtre présumé du criminel multirécidiviste noir George Floyd par le policier blanc Derek Chauvin au passé sombre et violent, je suis invité comme des milliers de collègues par mon employeur, une grande multinationale, à participer à un débat par vidéoconférence sur le thème du racisme systémique, cettte notion sombre et abstruse qui voudrait que les Blancs sont racistes par essence.

Vous avez dit débat ?

Un débat implique un thème avec des invités qui se donnent la contradiction dans les règles. On pèse le pour et le contre. On argumente, on contre-argumente, on nuance. Au final, on n’a pas toutes les réponses mais on ressort enrichi avec d’autres perspectives et des pistes de réflexions. En principe…

Ici, de débat il n’est pas question. Trois activistes noirs de diverses organisations subventionnées ont été invités (payés ?) par mon employeur pour nous faire la morale et la lecture sur le racisme systémique inhérent aux Blancs et leur damnée suprématie à laquelle ils doivent renoncer définitivement. Je m’accroche au téléphone en me disant que la suite sera très prometteuse.

Une fois les présentations achevées, nos trois speakers insistent sur leur combat pour les droits civiques des Noirs. Le premier ne manque pas de citer Martin Luther King. Sait-il seulement que MLK se déclarait ouvertement pro-républicain ? Le deuxième interlocuteur se fait l’apôtre des théories postmodernes, notamment celle de l’intersectionnalité puisqu’il se présente en tant qu’homosexuel noir et fervent supporter LGBTQ+, renforçant ainsi son statut de victime oppressée et de sachant dans le domaine de l’oppression. Une fois la posture victimaire bien ancrée, le voilà prolixe et véhément dans ses propos.

Monsieur le Procureur

En effet, notre deuxième sachant s’érige en véritable procureur et l’acte d’accusation tombe comme un couperet : tout ça est logé dans notre inconscient collectif blanc et remonte à la traite transatlantique, cet esclavage des Noirs par les Blancs. Pourquoi avons-nous fait cela ? Pour la domination, le pouvoir et l’argent. Nous devons bien le comprendre. Le procès est unilatéral et la défense n’a pas droit à la parole. D’ailleurs, elle est inexistante. On invite des gens pour un débat et ces derniers se retrouvent piégés sur le « b(l)anc » des accusés, pardon, des coupables. 

Bien entendu, notre ami ne pipe mot sur la traite arabo-musulmane qui sévit depuis 14 siècles, ni sur la traite ottomane qui s’est étendue sur plus de six siècles. Blackout total aussi sur la joyeuse participation de diverses tribus africaines dans la capture et la livraison des esclaves noirs aux négriers à tous les niveaux. Ça, ma bonne dame, on n’en parle pas! Bien entendu, il n’est pas question non plus d’indiquer que l’Occident est la première et probablement unique civilisation à avoir aboli l’esclavage. On nage entre négationnisme et révisionnisme dans une histoire revue et corrigée.

Chers frères et sœurs blancs, vous êtes tous coupables. C’est une chose entendue. Et vous allez devoir expier pour des fautes que vous n’avez pas commises. Il faudra également effectuer des réparations vis-à-vis de personnes qui n’ont subi aucun préjudice.

La suite du programme

La suite est à l’avenant. Notre CEO, un charmant sexagénaire blanc américain connu pour être un démocrate progressiste, nous annonce avec zèle qu’il est très fier d’annoncer le lancement d’un programme de promotion des salariés noirs à des postes à responsabilités afin de permettre aux employés noirs d’accéder plus rapidement aux postes de cadres et dirigeants au sein de l’entreprise. Et moi qui croyais naïvement que c’était la résultante d’un travail acharné, du mérite, des qualités de gestion, de l’honnêteté, du dévouement et de la fidélité à l’entreprise…

Martin Luther King

Réalisent-ils seulement que, pour toute personne douée de raison, ce genre d’initiative rabaisse les Noirs au rang d’êtres inférieurs ? C’est de la condescendance motivée par un fond raciste pur et dur. Cela revient à leur cracher au visage une infériorité fantasmée et scénarisée par un profilage racial au sein de l’entreprise. Et je ne vous parle même pas de l’impact sur la motivation du reste des employés, sans parler du climat délétère et des effets de bord pouvant résulter de fausses accusations racistes.

Race Business

D’ailleurs, le plus curieux dans ce « débat », en fait un réquisitoire, c’est que, visiblement, tout est blanc ou noir. Qu’en est-il des autres races, des ethnies et des métissages ? Le logiciel de pensée binaire et manichéen de ces postmodernes avides de vengeance n’intègre pas ces données. Notez que le discours de nos speakers n’est que le résultat d’un dévoiement de la culture de l’audience.

Car c’est bien de vengeance dont il s’agit. Ils entendent bien prendre à leur tour leur revanche axée sur une relecture de l’Histoire en exerçant le pouvoir et la domination tout en faisant tourner la caisse enregistreuse. Car la race est devenu un vrai business pour certains. C’est le race business. Ici, il n’y a aucun bien ou service à valeur ajoutée qui est créé. Ce n’est qu’une question de soumission et de transfert de richesses en fonction du niveau de pigmentation et non de la qualité d’une prestation. C’est un système autodestructeur d’inversion des valeurs. Mais nos trois valeureux speakers sont-ils au courant que leurs paradigmes ne reflètent que l’agenda et la feuille de route de penseurs blancs dont la seule volonté est de détruire la civilisation occidentale et ses accomplissements ? Ils le sont probablement. Mais l’appât du gain prévaut. Obama et son patrimoine estimé à plus de 250 millions de dollars ça fait réfléchir, non ?

A terme, la profitabilité de l’entreprise ne pourra que s’en ressentir, surtout que d’autres discriminations ne vont pas tarder à éveiller de nouveaux appétits victimaires. Les activistes déboulent maintenant hors du cheval de Troyes placé au cœur de la cité corporate, le tout avec l’aide de la direction générale et sur le conseil des diversity manager des Ressources Humaines. Ils encaissent les bons points vertueux mais ont-ils réfléchi à la dégradation de l’environnement de travail et des résultats de l’entreprise ?

Show must go on

Ensuite, en ordre de soumission, nous avons le droit de poser des questions via une application. Elles sont soigneusement filtrées pour embrasser parfaitement la doxa progressiste et les canons de l’antiracisme. J’écoute mais je m’abstiens. Je n’ai aucune envie de me retrouver « fiché S » (ou plutôt C comme conservateur ou encore R comme réac’ ou raciste) au sein de l’entreprise.  

Ceci étant dit, j’aurais bien posé les questions suivantes sur lesquelles j’invite le lecteur à méditer :

  • Comment prouver l’existence d’un racisme systémique inhérent à l’inconscient collectif blanc ?
  • S’il existe vraiment, pourquoi ne peut-il pas être présent dans l’inconscient collectif noir également ?
  • En supposant que le racisme systémique blanc existe et que je confesse ce péché, jusqu’où doit aller ma repentance pour en être délivré et pardonné ?
  • Y a-t-il un mode d’emploi ?
  • Mon chemin de croix s’achève-t-il en sautant immédiatement dans la tombe après avoir cédé tous mes biens ?
  • Si le concept de suprémacisme blanc est indéniablement vil, en quoi le concept de suprématie noir l’est-il moins ?
  • N’est-il pas question de prendre le pouvoir et l’argent sans échange volontaire et sans création de valeur ajoutée ici ?

Il y a encore bien d’autres questions que j’aurais aimé poser et cela pourrait faire l’objet d’un autre article!

Kneel down

Je préfère vous livrer le clou du spectacle où, au terme d’une heure de black pride et de white bashing, il nous est demandé de mettre un genou par terre pour George Floyd et la communauté noire en général. Evidemment, vu que cela se passe par vidéoconférence, il est impossible aux organisateurs et à l’audience de vérifier la bonne exécution de la pose. Vous devinez bien que, en bon pèlerin rationnel, je suis resté droit comme un “i”. Mais qu’en sera-t-il la prochaine fois lorsque nous serons physiquement réunis ?

L’antiracisme n’est au final qu’une dérive sectaire adoptée par une masse animée par la haine de soi. Si nous voulons sortir de cette prison de la pensée, nous devons faire la paix avec nous-mêmes afin de faire la paix avec les autres. La culture s’émancipe de la race au fur et à mesure qu’une civilisation se développe. Le repli racialiste est une régression animale et tribale. La couleur de peu n’a pas d’importance, seules les valeurs communes axées sur le droit, la liberté et la propriété privée comptent. Voulons-nous vraiment vivre ensemble ?

Jules Alove