Ursula von der Leyen a passé son premier grand oral en livrant son discours de politique générale, pompeusement intitulé « L’état de l’Union 2020 ». Toutefois, il serait irresponsable de ne pas prendre au sérieux l’effrayant contenu de cette mélopée qui sert d’emballage à son instrument de relance cyniquement baptisé « Next Generation EU » car sa mise en oeuvre promet soit l’anéantissement de l’Europe, soit celui des Européens.

Un dernier brushing avant la fuite en avant

Le brushing était parfait. La chorégraphie des bras pour masquer le vide des mots aussi. Pas de doute, on a mis le paquet sur la forme pour s’offrir une Ursula von der Leyen qui assure dans son rôle de dame respectable, aux antipodes du pitre aviné dont elle a pris la succession. On notera aussi que si Junker était capable de débiter n’importe quel contenu au gré des circonstances, on sent bien qu’Ursula von der Leyen, elle, est habitée par le flux de paroles qu’elle débite. Et c’est là que cela devient franchement inquiétant.

Allons droit aux faits. A l’avenir, il faudra composer – dans le désordre et de façon non exhaustive-  avec une Europe espace 100% LGBTQI, avec des quotas contraignants de migrants, avec un Green Deal encore plus contraignant et même avec une personnalité numérique. Autant dire que 1984, c’est maintenant! Voilà le programme que von der Leyen a livré après s’être tressée quelques couronnes de laurier pour saluer l’efficacité de l’UE dans la crise sanitaire. On croit rêver ! Hormis le rapatriement de très nombreux bi-nationaux du Maroc vers les Etats-Membres où ils perçoivent leurs allocations, on a beaucoup de mal à mesurer les actions concrètes de l’UE. Laissons à l’Italie et à l’Espagne le soin d’apprécier… et aussi aux médecins et aux personnels des mouroirs qui n’en n’ont pas le nom qui ont assisté, impuissants, au tri de nos aînés.

Malgré ses innombrables morts, malgré sa débauche de milliards d’Euros magiques investis dans des rustines d’inspiration keynésiennes et sans avenir, l’UE persiste sur la voie qui la mène inexorablement au déclin, contre la volonté des peuples et plutôt deux fois qu’une. Ce programme qui se déclare tourné vers les générations futures est le meilleur instrument pour les enterrer durablement.

Pour satisfaire à des exigences en matière de lutte contre les discriminations qu’elle s’est fixée sous la pression de lobbies, l’UE entend retirer leur liberté d’expression à 446 millions d’Européens, car dans le monde rêvé d’Ursula (qui ressemble à s’y méprendre à celui d’Angela) il sera interdit de réagir aux bombages de torse de toutes les minorités conquérantes qu’elles soient holebis, Roms ou islamistes. Elle ne nous dit pas s’il sera autorisé de compter les morts des affrontements entre toutes ces minorités qui n’ont pas encore toutes intégré ses belles manières comme on a pu l’observer avec les Tchétchènes de Dijon. L’Européen devra tout accepter. 

Sous couvert de non-discrimination, il devra embaucher, louer ou de façon plus générale contracter avec tous les profils, même les plus problématiques sous peine de procès en discrimination. Dans le monde délirant d’Ursula, les employeurs pourront s’attendre à être tenus d’aménager des pauses prières pour leurs employés musulmans et des congés de transition spécifiquement destinés au personnel holebi pour lequel il convient de prévenir tout obstacle dans son parcours hormono-chirurgical.

Et pour mieux vérifier que l’Européen ne bronche pas, Ursula nous promet une personnalité numérique qui sera couplée à notre carte d’identité numérique et à notre activité sur le net, tout cela bien sûr dans le but de protéger celles-ci. Un parrain de la Camorra ne s’y prend pas autrement pour vous imposer son pacte avec le Diable.   

La réussite du projet européen passe par le musèlement des Européens

Si en Europe de l’Ouest, ce discours pourrait à la limite passer tant le citoyen y a perdu le sens de la citoyenneté (pour peu que le sursaut populiste ne vienne pas gripper les rouages du système), ce n’est en revanche pas le cas dans la partie orientale de l’Union. On a beaucoup de peine à imaginer les Hongrois, les Polonais, les Tchèques ou les Slovaques du V4, voire les Autrichiens, céder à ce déferlement d’initiatives plus suicidaires les unes que les autres. Et que dire des Britanniques qui, au balcon du Brexit, voient le capitaine du navire Europe prendre toutes les décisions qui vont le tirer vers le fond dans un monde plus violent et plus concurrentiel que jamais. Comptez sur la Turquie, la Chine, les USA, l’Inde et la Russie pour tirer parti de la faiblesse européenne.

A vrai dire, le programme de Mme von der Leyen, même scandé avec emphase, est tellement révulsant qu’on ne voit pas très bien qui le suivra. Même les donateurs d’OXFAM ou de Greenpeace pas plus que les apôtres de Soros ou de Greta n’ont aucune envie de disparaître tout de suite. Avant de se concrétiser, ce plan devra résister aux réflexes de survie de ses défenseurs et à la farouche opposition de ses détracteurs. Ca fait déjà beaucoup. A cela, il faudra bientôt ajouter les désordres qui envenimeront la vie sociale quand le gouffre économique post-coronavirus aura montré toute son ampleur.

L’UE n’a donc retenu aucune leçon de la crise sanitaire. Au contraire, inconsciente des dangers qui la guettent, telle une bourgeoise bravache, elle opte pour la fuite en avant et la sortie de route assurée. Partant de là, soit l’Europe trépasse, soit pire, ce sont les Européens qui y passeront. L’Europe et les Européens ne peuvent pas gagner ensemble. La réussite de l’une se fera au détriment de celle des autres.

Rendons à la présidente de la Commission d’avoir exprimé les choses de façon plus claire que jamais: cette Europe d’Ursula et d’Angela est notre premier ennemi et il convient de la démanteler au plus vite si nous voulons donner une chance de survie à ce qui pourrait être la dernière génération d’Européens libres.

Tatiana Hachimi