Les “touristes d’un jour” ont rejoint, depuis cet été agité, les catégories populaires servant d’euphémisme malgré elles. Le temps de quelques rayons de soleil, ils ont remplacé les “jeunes”, expression témoignant davantage de l’origine que du nombre de bougies sur le gâteau d’anniversaire. A Blankenberge, les fameux “touristes d’un jour” ont donc semé la pagaille, et même un peu plus, puisqu’ils s’en sont pris aux forces de l’ordre, toujours plus impopulaires aux yeux des progressistes.

D’ailleurs, circulez, en cuistax de préférence, car c’est plus écolo. Il n’y a pas grand-chose à voir, foi de Jean-Michel Javaux, ex-président d’Ecolo qui, d’un “tweet” méprisant autant pour le français que pour les forces de l’ordre, crut bon d’affirmer : “Z’etes jamais allé à 30 à Blankenberge en train pour déconner? Y a 40 ans que tous les jeunes de tout le pays font ça. Avec aussi des petites bagarres. Mais on a jamais eu de séquences JT. Z’étions ptêt trop propres sur nous. Pourtant on s’est fait virer du Camping Jamboree…” Quel rebelle, ce Jean-Mich’.

Jean-Michel Javaux, terreur de Blankenberge

Surtout, pour les âmes bien pensantes, le danger n’est pas tellement la menace que laisse planer l’ensauvagement sur notre société, mais les répercussions électorales que pourrait avoir la “sympathique petite virée” de nos touristes : c’est que, ma bonne dame, le Vlaams Belang pourrait avoir le vent dans les voiles.

La polémique est révélatrice de l’état d’une société dans laquelle tous les droits sont permis, y compris celui, en période de confinement, et donc normalement de sagesse, de transformer la côte belge en champs de bataille. Non seulement tous les droits sont permis, mais, par ailleurs, ils le sont visiblement un peu plus pour les populations allochtones (car il faut bien finir par appeler le “touriste d’un jour” et le “jeune” par leur vrai nom). Mais, nous objectera-t-on, ceux-ci ont aussi le droit de s’extraire de leur quotidien difficile, plus apparemment que le vôtre et le mien, entre quatre murs dans un immeuble en pleine ville.

La situation prêterait presque à sourire si la situation n’était par ailleurs autrement plus dramatique sur le front de l’ensauvagement : en France, un chauffeur de bus a été tué à Bayonne pour avoir rappelé que le port du masque était obligatoire et une jeune femme a laissé la vie après avoir été traînée par une voiture sur plusieurs centaines de mètres. Pas un genou à terre, néanmoins, pour s’émouvoir ou dénoncer l’ensauvagement de la société.

La semaine qui vient de s’écouler, le “supporter du Paris-Saint-Germain” (club qatari qui n’a plus grand-chose à voir avec le PSG des débuts, lorsque les joueurs portaient une vareuse dessinée par Hechter et les supporters se massaient dans le Kop de Boulogne), version française du “touriste d’un jour”, a vandalisé la ville de Paris en marge des rencontres de Champions League.

Si la liberté est notre bien le plus précieux, il importe aujourd’hui de rappeler, avec Charles Péguy, que “l’ordre et l’ordre seul garantit la liberté” et de rééquilibrer le balancier. Il est temps, après des décennies de laxisme, de resserrer la vis, appliquer une tolérance zéro et soutenir les forces de l’ordre, toujours pointées du doigt, et si souvent malmenées. En tentant d’interpeller un des fauteurs de trouble de Blankenberge, les policiers ont subi les assauts violents de plusieurs sauvageons.

Les violences envers les policiers n’ont rien de faits isolés. Mais, crieront les progressistes, ceux-ci l’auront bien cherché puisqu’ils ne sont que de vils racistes. La preuve, il y a deux ans, lors d’une intervention, une policière a effectué un salut nazi, geste évidemment regrettable et condamnable, mais qui, pour le coup, relève de l’exception et non de la règle.

Gregory Vanden Bruel