Dieselgate : Tous coupables !

741
Photo de Mike provenant de Pexels Dieselgate


Cinq ans après avoir éclaté, « l’affaire VW » risque encore de coûter un peu plus au constructeur allemand qui tirait déjà la langue avant le reflux historique des ventes lié à la crise sanitaire.

Nouvel épisode dans la saga du Dieselgate puisqu’un juge allemand vient de condamner VW à rembourser partiellement Herbert Gilbert, acquéreur -peut-être pas si malheureux- d’un Sharan diesel de 2014 d’occasion équipé d’un moteur truqué. 

Dessine-moi un moteur

Nous n’épiloguerons pas sur les données techniques qui alimentent cette série à rebondissements. Elle a coûté sa place de leader au constructeur allemand et aujourd’hui, dans cette phase darwinienne de l’économie post Covid 19, elle pourrait tout simplement lui coûter la vie.

Intéressons-nous plutôt aux éléments qui ont poussé des gens a priori sérieux les dirigeants du premier constructeur automobile mondial en 2015 à devenir les protagonistes d’une fiction soutenue par un scénario pour simplets dont le synopsis pourrait se résumer ainsi : 

C’est l’histoire d’un gars qui va raconter des mensonges gros comme des maisons pour rester le plus gros vendeur de voitures au monde. On lui dit : « Dessine-moi un moteur » et il répond : « Lequel veux-tu ? ». Et voilà, c’est plié. 

On vous l’aurait présenté ainsi, vous auriez dit non. Et pourtant, sur ce coup-là, Nabilla et son shampoing se sont faits coiffer au poteau !

Mais à bien y regarder, qui sont les simplets ? Les dirigeants de VW ? Oui un peu, quand même. Truquer un logiciel, c’est lourd comme du Lance Armstrong qui ne peut évidemment pas gagner à tous les coups. Ça met du temps, mais ça finit toujours par se savoir. 

Sans compter qu’au sein même de VW, une large partie des cadres croit dur comme fer à ces sornettes. Et oui, les ressources humaines sont depuis de nombreuses années aux mains de psychologues formatées (la profession s’est très fortement féminisée) par le moule actuellement en vigueur dans les milieux académiques- qui sélectionnent du personnel à leur image : résolument vert et mondialiste. 

Pixabay Dieselgate VW

A malin, malin et demi

Cela dit, s’il y a toujours plus malin que soi, l’inverse est aussi vrai. Dès lors, qui trouve-ton dans la catégorie « plus con que VW » ?  

Tout d’abord, les pouvoirs publics, eux qui ont gobé l’arnaque et ont financièrement soutenu d’une façon ou d’une autre leur champion dans sa course à l’échalote. Verte l’échalote… verte ! Ce sont eux qui sécrètent des normes environnementales à n’en plus finir depuis des années pour atteindre des objectifs climatiques totalement découplés du réel. Quand on affiche fièrement la paternité de telles inepties parce qu’on imagine pouvoir faire émerger une économie décarbonée et lâcher ce que l’on a comme technologies et comme industries juste pour courber l’échine face aux sermons de Sainte Greta, comment ne pas passer pour un club de bouffons aux yeux du Conseil d’administration d’une major pour qui the sky is the limit

Consommacteur, n’oublie jamais que tes actes te rattraperont… toujours

Mais encore une fois, ces élus, tous partis confondus, qui font de l’écologie de bazar comme nos Marghem et autre Crucke, apôtres locaux de l’arrêt du nucléaire- n’ont pas rejoint des exécutifs par hasard. S’ils trouvent leur place dans des gouvernements et s’ils modifient profondément nos législations, c’est parce qu’ils sont plébiscités. Dès lors, se pose la question du choix de l’électeur, qui se confond avec celle du consommacteur, comme aiment à se désigner les plus « engagés » d’entre nous. 

– Comment voulez-vous circuler ? A bord de quelles voitures ?  

– Dans des voitures qui ne polluent pas, cœur avec les doigts… 

Et si on leur vendait pour très cher une voiture qui rejette de l’oxygène, ils feindraient d’y croire. Et tant pis s’il faut détruire la moitié de la planète pour parvenir au résultat. Car ne nous voilons pas la face, pour l’heure, la voiture électrique, celle qui est supposée ne pas polluer, au mieux, elle roule au nucléaire, au pire, elle carbure à la centrale thermique alimentée au charbon ! Et tout ça, après avoir pillé des terres rares pour ses batteries !  Quant à l’éolien qui en plus de ne produire que très peu d’énergie utilisable (faute de réseaux intelligents), il est polluant à la fabrication et coûte en plus la vie à des espèces animales.

Les écologistes les plus honnêtes, les plus radicaux aussi, ont compris l’incohérence du propos et finissent par vouloir imposer un monde sans voiture. C’est dangereux, mais au moins intellectuellement cela se tient ! Alors, consommacteur, prêt pour la mobilité douce ? Par temps de pluie aussi ?

La crise du Coronavirus qui met nos économies à l’épreuve devrait inviter nos scientifiques à l’humilité face à des phénomènes naturels d’une puissance que l’on avait peine à imaginer. En quelques semaines à peine, ils ont balayé ce que l’on prenait pour des certitudes et qui se sont avérés n’être que des croyances. Cette crise nous a montré aussi combien il était hasardeux de tenter d’avancer dans nos connaissances dans l’urgence, sans se donner, ni le temps, ni les moyens de le faire convenablement.

Compte tenu des technologies éprouvées actuellement disponibles, conserver notre niveau de mobilité implique la production d’émissions de gaz. Ceux-ci sont-ils des polluants ? Pour le CO2, la question est clairement posée. Ont-ils un réel effet sur le réchauffement climatique qui hystérise beaucoup de non contemporains ? Rien n’est moins sûr. Toutes ces questions non résolues nous invitent à ne pas sauter dans le piège de l’« urgence climatique ».

Quant à VW, elle est surtout coupable de ne pas avoir été capable dès le début de défendre correctement ses intérêts. Que le premier constructeur automobile au monde n’ait pas trouvé les personnes adéquates pour plaider sa cause auprès des décideurs en dit très long sur sa culture d’entreprise. Qui sait, comme Peugeot, VW finira peut-être par construire des vélos…  

Dominique Dupont