Alors qu’il était évident qu’il fallait mettre à profit l’été pour se préparer à tout le moins au scénario d’une réplique du coronavirus, nous voilà face à une deuxième vague qui sera pire que la première pour plusieurs raisons. Ces mois d’été, précieux, ont été surtout le théâtre d’un feuilleton politico-médiatique, une sorte de spectacle de cirque joué à huis clos, où les protagonistes y sont allés de leur petits bras -tatoués ou pas- pour truster -ou pas- les places les plus en vue.

L’automne est LA saison propice aux infections virales. Même si le Covid19 est un nouveau-venu pour les virologues, cette donnée aurait dû être prise en compte, d’autant que certains spécialistes avaient attiré l’attention sur la probabilité de nouvelle flambée. Après, il ne restait au politique que d’extrapoler à partir du worst case scenario.

Au lieu de s’occuper de l’essentiel, l’été a été mis à profit par les présidents de parti pour s’adonner à des calculs de boutiquiers qui ont conduit à l’avènement d’une majorité qui montre déjà des signes de débordement, alors que le pire est devenant nous. On se souviendra du ton rageur de Rudi Vervoort face au bourgmestre d’Anvers cet été lorsque cette dernière a vu ses chiffres des contaminations augmenter. Là, voilà ce même Rudi Vervoort forcé de prendre des mesures drastiques et de refermer l’étau sur sa population, peu compliante. 

A la veille de ce congé de la Toussaint, les équipes médicales ne se sont pas remises de la première vague. Les réserves, qu’elles soient humaines ou matérielles sont insuffisantes. Les décisions arrivent da façon cacophonique. On dirait tout simplement qu’aucune leçon n’a été retenue de la gifle que le virus nous a administrée en début d’année. Comme si en six mois, le déni avait repris le dessus alors que la mort rôde.

Nous avons contre-performé à l’échelle planétaire lors de la première vague. Tout porte à croire que nous sommes repartis pour faire pire encore cette fois-ci. Au lieu d’avoir mis tout en oeuvre pour retirer les leçons du premier confinement, notamment en essayant dans la mesure du possible de déterminer les mesures en fonction de leur efficacité sur la transmission du virus, leur impact sur la santé mentale et physique de la population, nos politique se sont attelés à donner corps au gouvernement le plus “diversitaire” et à gauche possible. Faut-il vraiment se réjouir que De Croo Ier compte la première ministre non diplômée? En quoi cela est-il un gage de bonne gouvernance? Cela dit, être porteur d’un diplôme en médecine comme Maggie De Block, ne nous a été d’aucun secours non plus. Ce pourrait-il que ce soit pire? L’avenir nous le dira. On jugera à l’autopsie ; au nombre de morts.

Nos élus voient certainement le sol se dérober sous leurs mandats. On imagine combien c’est anxiogène. Mais pas autant que pour les malades, ni les travailleurs sacrifiés. N’est-il pas temps de gérer enfin cette « crise » comme un élément au long cours? Pouvons-nous continuer dans une succession de coups de frein et d’accélérateur? Allons-nous subir des mesures générales alors qu’il serait possible de s’orienter vers des mesures plus ciblées?

Concrètement, fallait-il fermer les restaurants, mais pas les écoles? Les musées, mais pas les transports en commun? Pourquoi ne pas procéder à des mesures qui ciblent de façon plus fine les populations qui adoptent des comportements à risque? Va-t-on entraver les gens dans leurs déplacements alors que des quartiers entiers sont jonchés de crachats qui ne font l’objet d’aucun rappel à l’ordre (sous peine de dégénérer en émeutes)? Et ne parlons même pas de condamnation.

Les décisions prises à l’emporte-pièces tombent d’heure en heure. Les soir les professeurs et leurs élèvent se couchent le soir pour apprendre le lendemain sur le chemin de l’école qu’ils y passeront leur (avant-) dernière journée. La pagaille est à tous les étages. Ne parlons pas de l’hôpital, où se jouent des drames qui se nourrissent de l’amateurisme des technocrates planqués dans les innombrables cabinets ministériels que compte ce petit pays, grand par son nombre de contagions.

On serait tenté de bien vite clore l’année 2020. Pas sûr que 2021 soit beaucoup plus réjouissante. Avant de pouvoir se faire une idée de la suite, faudrait-il que le gouvernement fédéral sache lui-même où il va.

De Croo Ier, quo vadis? 

T.H.