Tenants acharnés du passage à la zone 30km/h généralisée, voire moins, les élus écologistes imposent des mesures dont les effets vont à l’encontre de l’amélioration de la qualité de la vie et de l’air en ville. Dès lors, une question se pose: grossière erreur ou agenda caché dans le chef de ces décideurs?

Fort avec les conducteurs, faible avec les tueurs

Les écolo-activistes nous vendent le 30k/h comme une mesure bénéfique pour la sécurité routière. Effectivement les chances de survie d’un piéton sont largement augmentées en cas de choc avec un véhicule lancé à 30km/h par rapport à un autre circulant à 50km/h. Elles sont de 80% dans un cas contre seulement 20% dans l’autre.

Néanmoins, les cas emblématiques de victimes percutées de plein fouet par des véhicules se sont déroulés généralement à des vitesses largement supérieures! Le cas dramatique de Stéphanie Verbraekel, journaliste au quotidien néerlandophone De Standaard, fauchée un nuit de 2017 par un conducteur qui l’a percutée à une vitesse estimée selon la police à 90km sur la chaussée de Haecht ne pose pas la question de la voiture ou même celle de la limitation de vitesse mais bien celle de la violence qui animait le conducteur. Cependant, ce sordide accident, suivi d’autres similaires, a suscité une vague d’émotion que la plupart des élus n’ont pu s’empêcher de récupérer. Ils sont d’ailleurs toujours occupés à surfer dessus…    

Combien de vies fauchées au cours de ces rodéos urbains? En effet. Mais qui pour croire que la limitation à 30km/h ou même 10km/h (qui dit mieux?) puisse constituer un quelconque rempart contre celui qui, parfois aidé de quelques rails de coke, a décidé de rejouer une scène de Fast & Furious en plein Schaerbeek? Ironie du sort, l’auteur de cet accident qui n’avait émis aucun regret a fini par écoper d’une peine de… 250 heures de travail d’intérêt général assorties de quatre années d’interdiction de conduite. Et c’est sûr, cette fois, promis juré, le 30 km/h, il l’a assimilé!

Printscreen Google Earth, Bruxelles, limitation de vitesse à 10km/h.

Par contre, les usagers de la route conventionnels, ceux qui conduisaient leur voiture à l’allure recommandée par le code se voient désormais contraints à rouler à 30km/h et gare à la sanction en cas de dépassement! En un an, leur temps de trajet aura été augmenté de combien d’heures pour servir de bouc émissaires à des gens qui refusent de prendre de véritables sanctions à l’encontre des véritables fauteurs de troubles?

Concernant la voiture, la politique de mobilité doit considérer l’ensemble de la population et proposer un équilibre entre l’usage qu’en fait une majorité et le mésusage de quelques-uns. Aurait-on idée de pratiquer la fouille au corps systématiquement à la sortie des magasins au motif qu’un petit pourcentage des clients vole? L’enseigne qui appliquerait une politique aussi drastique ferait vite faillite. Pourtant, à bien y regarder, c’est à peu près cela qui a été imposé à l’automobiliste. Comment s’étonner de voir les centre-villes sombrer économiquement alors qu’elles sont gérées avec aussi peu de discernement?

Rouler moins vite pour polluer plus!

Autre argument mis en avant pour justifier la généralisation du 30km/h, la pollution. Pourtant, ceux qui comme Greta voient le CO2 sortir des pots d’échappement devraient tout de même se renseigner avant de légiférer. En effet, Touring vient de rendre publics les résultats d’une étude scientifique qui démontre que les voitures émettent plus de gaz d’échappement lorsqu’elles sont limitées à 30km/h au lieu de 50km/h. Le phénomène s’explique simplement par le fait que les accélérations à des vitesses inférieures demandent plus d’énergie comme le démontre l’étude produite par le Professeur Luc Claessens de l’Institut Thomas More à Malines. En revanche, elle ne décrit pas toute la partie comportementale qui tient à l’humain face à une infrastructure. Ainsi, lorsque la circulation est limitée à trente à l’heure, des files se forment et de nombreuses voitures restent immobilisées, moteur tournant…

Ce qui détermine réellement la consommation du moteur, et donc les gaz d’échappement qu’il émet tient à la fluidité de la conduite. Ce qu’il faut absolument éviter pour économiser du carburant, ce sont les accélérations, particulièrement à partir d’une vitesse basse. En pratique, c’est tout ce qui relève de « l’éco-conduite » comme le dit bien son nom. Il s’agit de solliciter le moins possible le moteur et d’utiliser au maximum son inertie en anticipant le plus possible ce qui se passe sur la route. C’est un éloge de la fluidité! Or il semble bien que du côté des élus, il y ait une certaine méprise. Non, la lenteur n’est pas un gage de fluidité. Ce serait même le contraire!

Photo de Matthias Zomer provenant de Pexels, feu vert pour la mobilité

Voilà plus de vingt ans que Touring plaide pour une « onde verte », c’est à dire un dispositif de feux de signalisation intelligents capables de se synchroniser. « En 2010 -10 ans déjà,!-nous avions mené des campagnes de comptages pour mesurer le trafic à Bruxelles. Résultat? Des émissions de CO2 qui triplent si les véhicules sont bloqués dans des files générées par des feux de signalisation non synchronisés. Pire encore, les émissions de particules fines NOx augmentent aussi! Aujourd’hui, nous avons perdu trente ans par rapport aux pays voisins. Les autorités on fait quelques efforts les dernières années et certains tronçons ont été équipés de feux intelligents, mais nous restons vraiment sceptiques pour le futur ».

Voiture, No Future?

Voilà des décennies que l’écologie politique nous alimente en fausses bonnes solutions qui se révèlent toutes plus catastrophiques les unes que les autres. Pire, elle prend ses dommages pour prétexte à s’enfoncer, à nous enfoncer, encore plus dans l’erreur. Initiateurs de la destruction de places parking et des rétrécissements de voiries, les écologistes tirent parti de l’augmentation des embouteillages qu’ils ont ainsi créés pour s’attaquer à la voiture, chaque fois un peu plus frontalement!

La condamnation programmée du moteur thermique dans les villes, en offre une parfaite illustration. Sachant d’une part que jamais le conducteur moyen n’aura les moyens de financer l’achat d’un véhicule électrique et que d’autre part le véhicule électrique – considéré sous l’angle du cycle complet – est nettement plus polluant pour la planète, on voit bien que l’objectif final est de tout simplement procéder à suppression de la voiture en ville. Et puis, comment expliquer que toutes ces décisions soient prises sans jamais avoir recours à des études qui reposent sur des données mesurables telles que celles mises en avant par Touring?

Que conclure? Les écologistes ont-ils faux systématiquement sur toute la ligne ou sont-ils de véritables faussaires dont le but non avoué est de chasser la voiture au lieu d’œuvrer à la qualité de vie et de l’air dans nos villes? À vous de voir…

T.H.