Centrales au gaz : L’ex-avocate devenue ministre prononce ses voeux bas-carbone

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Alors que les experts se bousculent devant les caméras pour nous dépeindre la fin de la planète à coup de “gouttes froides”, de “dômes de chaleur”, d’inondations et d’incendies, en Belgique, une ministre écologiste subventionne la construction de centrales au gaz quitte à faire exploser le compteur des émissions de carbone. Surréalisme ou réalisme?

L’Apocalypse selon le GIEC

Comme on pouvait s’y attendre, la divulgation, ce lundi 9 août 2021, du nouveau Testament, c’est-à-dire du 6ème rapport partiel du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat (‘GIEC’), a donné lieu à un tsunami de prévisions catastrophistes, à un feu nourri de critiques acides sur le mode de vie exclusivement européen (alors que l’Europe est le continent qui, grâce sa technologie et sa science, a le plus diminué son ‘empreinte climatique’) et à un déluge presque ininterrompu de ‘recommandations’ plus ou moins bienveillantes, afin d’adapter adéquatement notre comportement. 

Le spectacle était bien rôdé: le duo Jean-Pascal van Ypersele et Adélaïde Charlier en particulier, nos deux missi dominici belge du Climat mondial et apôtres de l’Apocalypse à venir, ont consciencieusement pris les plateaux de télévision d’assaut pour y diffuser la bonne parole. Si la messe n’est pas encore définitivement dite, le message, lui, est très clair: l’heure de la Cène (ce sera sans viande pour les vegans) a presque sonné. Amen. 

Il ne fait guère de doute que les populations belges et européennes seront instamment priées d’exécuter servilement ce message biblique sous la pression de nombreuses taxes et autres contraintes plus ou moins farfelues (comme celle, en particulier, de rouler à 10 km/heure dans certains quartiers bruxellois), voire par l’instauration d’un futur ‘pass’ environnemental obligatoire. Ce dernier subordonnerait l’exercice d’un certain nombre d’activités humaines dites inutiles ou récréatives, comme par exemple la visite d’amis ou les voyages, à l’empreinte ‘carbone’ personnelle attribuable à chaque individu: vous souhaitez visiter vos parents en Toscane, désolé Messieurs/Dames, votre bilan carbone annuel ne le permet pas cette année, réessayer l’année prochaine ! 

Pour qui roule Tinne?

Il est en revanche permis de s’interroger sur la motivation politique de privilégier ou recourir à certaines solutions supposément protectrices de l’environnement plutôt qu’à d’autres… Plus particulièrement, on peut se demander dans quelle mesure la politique énergétique prétendument plus ‘verte’ préconisée et promue par la Ministre Tinne Van der Straeten est réellement mue et motivée par son désir de sauver Monsieur Climat et Madame Planète ou, au contraire, par d’anciennes ‘accointances’ professionnelles avec le secteur gazier en particulier ?

Pour rappel, la ministre de l’énergie entend subventionner la construction de centrales au gaz (dans un schéma – réaliste – de sécurité d’approvisionnement énergétique où il est impératif de compenser le côté intermittent du renouvelable) non sans préciser que “ces centrales au gaz doivent tourner le moins possible”.  Du Yaka-Faucon de compétition qui aura déclenché de la colère et des larmes – de rire aussi – chez ses détracteurs, écologistes ou non.

La tweetosphère réserve parfois à ses abonnés attentifs quelques informations, qui méritent d’être relayées en faveur du grand public: on y apprenait, en effet, que notre actuelle ministre fédérale de l’énergie, ancienne avocate spécialisée en droit de l’énergie, travaillait dans un cabinet d’avocats, qui représentait notamment les intérêts juridiques d’une filiale à 50% du géant gazier russe Gazprom, Wingas. 

Rien d’illégal à cela, bien entendu, et sans doute même aucune violation d’un conflit d’intérêt sur le plan juridique; toutefois, on peut de se demander ce qui motive Tinne Van der Straeten à heurter si frontalement l’Evangile selon Greta en augmentant de facto les émissions de carbone. En tout cas, comme le montre dramatiquement la courbe de l’évolution des prix de l’énergie en Belgique, on peut déjà en déduire que le pouvoir d’achat de la population ne fait pas partie des priorités de la ministre qui pourrait être plus préoccupée par son retour à la vie civile et aux affaires, ainsi que par la prospérité de son cabinet. 

A  la lumière de cette information, il est permis de se demander si la politique énergétique de la Belgique, et partant l’impact de celle-ci sur le climat et l’environnement, aurait été la même si Tinne Van der Straeten avait représenté les intérêts juridiques d’un géant du secteur nucléaire, comme Rosatom. La politique énergétique d’un pays tient parfois à si peu de choses…

J-L. Erlovsen